L'Armistice
Ce dimanche 11 novembre, nous
commémorons l'armistice. En regardant nos drapeaux, nous pensons tous à ces
milliers de drapeaux qui s’inclinent devant les milliers de monuments aux
morts pour rendre hommage à ces millions de soldats victimes des guerres
fratricides. Nous souhaitons aussi que ces drapeaux deviennent un symbole de
paix pour tous les hommes de bonne volonté.
Non pas la paix à tout prix qui
serait une démission devant l’injuste violence, devant les prétentions
d’ambition, d’orgueil et de haine ; mais la paix qui est respect des droits
des autres, la paix qui n’entraîne ni la rancune ni l’esclavage car elle est
le fruit de l’amour. Dans notre tête, en ce jour, deux spectacles peuvent se
superposer: une vision de joie et de liberté mais aussi une vision d’angoisse
et de peur.
Une vision de joie et de liberté:
nous pensons à ces jeunes et à ces enfants qui, à chaque fête de village ou de
quartier, s’agitent et montrent leur joie de vivre. Nous les voyons vifs et
alertes sur les terrains de sport. Préserver leur bonheur mérite bien tous les
sacrifices et tous les efforts.
Mais il y a aussi une vision
d’angoisse et de peur. Nous pensons à tous ces engins de mort de plus en plus
rapides et meurtriers. Ce qu’il ne faut pas oublier c’est que l’orgueil,
l’ambition, l’inconscience et l’égoïsme ont des racines vraiment profondes en
tout homme.
Alors nous nous posons des
questions: Comment sauver la paix ? Reste-t-il un espoir? N’est-ce pas une
cause perdue d’avance? Nous chrétiens, nous nous tournons vers le Christ;
lui-même nous a dit: « Je suis venu chercher et sauver ce qui était perdu ! »
Il nous a dit aussi: « Je suis la
résurrection et la vie. Celui qui est mort vivra. » C’est pour cela que nous
nous tournons vers lui. Dans notre prière au Christ, nous rejoignons ceux qui
sont morts, ceux qui ont perdu leur vie terrestre dans les champs de bataille,
toutes les victimes de la haine et du terrorisme. Nous chrétiens nous avons la
ferme conviction que le Christ les a introduits dans une autre vie. Il est
venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus.
Notre époque voit se développer des
guerres et des conflits de toutes sortes. On nous parle des attentats
terroristes, de la montée de la violence, de l’injustice, de la crise
économique... Dans tous les cas, ce sont les plus pauvres qui en souffrent le
plus. Humainement, nous avons toutes sortes de raisons de désespérer. Mais le
Christ a dit: « Je ceux venu chercher et sauver ce qui était perdu. » C’est
dans cette promesse et dans notre foi que nous puisons la force d’espérer et
de mener un combat d’amour et de fraternité.
C’est une éducation qui doit
commencer dans les familles, une éducation à la droiture, au respect des
autres, de leur façon de penser; une éducation au respect de a vie, au don de
soi. Tout cela est le terreau où peut grandir la paix. Si le terreau se
détériore, il revient à tous les hommes courageux de le reconstituer.
Sauver la paix est un labeur de
tous les instants. Quelques paroles suffisent pour saccager les situations de
paix. Tout l’évangile nous dit que nous sommes appelés à vivre ensemble comme
des frères, à faire le premier pas vers les autres chaque fois que c’est
nécessaire. C’est à l’amour que nous aurons les uns pour les autres que nous
serons reconnus comme disciples du Christ.
En célébrant l'Eucharistie, nous
nous tournons vers celui qui a donné sa vie pour nous réconcilier avec Dieu et
nos frères. Demandons lui qu’il nous donne force et courage pour être des
chrétiens actifs et responsables. Et que la prière pour la paix ne manque
jamais sur nos lèvres.
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