|
| |
Archives
homélies des fêtes
Fête de Tous les saints
Cette fête de Toussaint c’est un peu comme une journée porte ouverte. Nous
savons tous comment ça se passe : Quand on veut faire connaître une école, une
association, une entreprise, on organise ce genre d’opération. On présente
l’historique avec des panneaux, des photos ; on montre les activités réalisées.
On expose aussi les projets en cours et ceux qui sont à venir. Sur notre
paroisse, nous avons eu ce genre d’opération le 11 septembre pour la rentrée des
catéchismes.
Toutes proportions gardées, on pourrait dire que cette fête de tous les saints
ressemble à une opération porte ouverte de l’Eglise de Jésus Christ. Nous sommes
invités à visiter son passé, à regarder son présent et à nous projeter vers
l’avenir. Cette fête est un rendez-vous avec les hommes et les femmes de tous
les temps qui sont l’honneur de la famille du Christ et de l’humanité. Chacun à
leur manière, ils sont les témoins de l’alliance de Dieu avec l’humanité.
Aujourd’hui, l’Eglise est heureuse de nous montrer tous ses enfants. Nous les
retrouvons tous dans cette foule immense que nous présente la première lecture.
Elle est fière d’eux car ils ont vécu au mieux les béatitudes de l’Evangile.
Nous pensons à tous ceux et celles qui ont marqué l’histoire humaine et
chrétienne, les apôtres, les martyrs, saint François, sainte Thérèse, saint
Dominique, Mère Teresa… C'est une grande foule, impossible à dénombrer.
Cette foule ne se limite pas à ceux qui ont leur nom dans les calendriers ou
leur statue dans les églises. Parmi eux, il faut compter aussi ceux de nos
familles, de nos paroisses, tous ceux et celles qui ont aimé Dieu et leurs
frères de leur mieux. C'étaient des gens comme nous. Ils ont connu la même vie,
les mêmes souffrances, les mêmes difficultés et souvent les mêmes péchés que
nous. C’est la foi et l’amour qu’ils avaient pour le Christ qui nous ont portés
et nous portent encore. Ils nous ont transmis l’évangile et ses valeurs. Ils ne
sont pas sur les autels mais ils ont leur place dans le Royaume de Dieu.
Quand l’Eglise nous présente les saints qui nous ont précédé, ce n’est pas comme
quand on présente de précieuses archives ni une galerie de portraits. Elle nous
les propose comme des compagnons de route pour aujourd’hui. Ils nous soutiennent
par leur exemple. Nous pouvons compter sur leurs prières pour nous et avec nous.
Désormais, ils aiment en plénitude et ils sont intensément présents à Dieu et à
l’humanité.
Saint Jean nous parle d’un ciel nouveau et d’une terre nouvelle. C’est, pour
lui, une manière de présenter l’avenir du monde et celui de l’Eglise. Il nous
guide sur les sentiers du futur vers lequel nous allons. Avec Jésus, nous sommes
tous appelé à partager le triomphe des saints.
En ce jour de Toussaint, St Jean nous fait spectateurs de la fête éternelle à
laquelle nous sommes tous invités. Il annonce la fin du temps des larmes, de la
peur, des souffrances et de la mort. L’apocalypse c’est d’abord une bonne
nouvelle, un message d’espérance qui nous rejoint tous. Nous sommes appelés au
bonheur et à la vie. Dieu veut rassembler tous ses enfants libres et sauvés.
Pour le moment, nous sommes en route. « Ce que nous serons ne paraît pas encore
clairement. » La vraie dimension de notre existence est entrevue dans la fête de
tous les saints. Le but de notre vie ne se limite pas au présent ni au matériel.
Notre vocation est d’entrer dans cette lumière pour laquelle nous sommes tous
faits.
Cette journée porte ouverte à laquelle nous prenons part est aussi une offre de
service proposée par le Seigneur lui-même. La sainteté C'est d'abord un don de
Dieu qu'il nous faut accueillir. Le Salut que le Christ nous propose est offert
à tous. Personne n'en est exclu. Tous, même les plus grands pécheurs peuvent
être sauvés.
C’est à nous qu’il revient d’écrire les pages actuelles de la sainteté. Nous
sommes là avec nos lourdeurs, nos grandeurs et nos petitesses. Nous sommes
également capables de fidélités audacieuses, de réponses généreuses aux défis de
notre temps. Marie, la Reine de tous les saints est toujours là pour nous
ramener inlassablement à ce chemin de sainteté. C'est avec elle que les saints
ont appris à tout recevoir comme un don gratuit du Fils et c'est avec elle
qu'ils vivent actuellement cachés dans le secret du Père.
En union avec cette foule immense des saints du ciel, en union avec tous les
chrétiens du monde entier, nous chantons notre action de grâce au Seigneur. Nous
lui demandons de nous aider à suivre leur exemple, leur fidélité. Si le Christ
nous appelle c'est pour rejoindre la foule immense de ceux qui nous ont précédés
dans son Royaume.
« Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse » nous dit Jésus. La raison de cette
joie c'est le Royaume des cieux. Si nous donnons la priorité absolue à Dieu dans
notre vie, si à cause de lui et de l'évangile nous sommes prêts à renoncer à
tout ce qui accapare notre vie, nous trouverons le vrai bonheur.
Chez nous, quand un visiteur arrive, on l’accueille en lui disant : « Finissez
d’entrer ! » C’est exactement ce que le Seigneur nous dit en cette journée porte
ouverte de la sainteté : Finissez d’entrer et soyez les bienvenus !
Jean C (D’après diverses sources)
Noël 2006
En cette nuit de Noël, les bergers ont entendu cette grande nouvelle : "Je
viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple :
Aujourd'hui, vous est né un Sauveur. Il est le Messie, le Seigneur".
Vingt siècles plus tard, ce message résonne partout dans notre monde. Il nous
concerne au plus haut point. Pour l'humanité et pour chacun de nous, ces paroles
demeurent une bonne nouvelle et elles sont porteuses de joie et d'espérance. Ces
paroles, nous les reprenons à notre compte car elles sont toujours actuelles.
Plus que jamais, nous pouvons chanter et proclamer : "Aujourd'hui, un sauveur
nous est né".<br>
Noël, c'était il y a deux mille ans. Mais c'est aussi aujourd'hui. En effet, ce
Jésus que nous fêtons s'est pris d'un amour passionné pour notre pauvre
humanité. S'il s'est fait l'un des nôtres c'est parce qu'il veut vivre avec nous
éternellement. Cet enfant que nous fêtons aujourd'hui, la Bible le nomme
Emmanuel, ce qui veut dire Dieu avec nous pour toujours.
Ce Dieu que nous appelons le "tout-puissant" ou encore le "Très-haut" est le
créateur du ciel et de la terre. Il est celui qui donne vie à tout ce qui existe
dans le monde. C'est entre ses mains que nos vies reposent. Or voilà que ce Dieu
devient un petit enfant faible et fragile. Il devient un être totalement
dépendant qui ouvre ses bras et qui dit : "Je viens vous aimer. Aimez-moi vous
aussi."
Saint Luc a écrit ce récit de la Nativité bien après la résurrection du Christ.
Il connaît la vie de cet enfant et toute son histoire. Il sait qu'il passera au
milieu de nous "en faisant le bien" et en accomplissant des guérisons de
toutes sortes. Il sait qu'il rejoindra les pécheurs à leur table et que cela
irritera les docteurs de la loi, les scribes et les pharisiens. Il sait que ce
Jésus pardonnera les péchés alors que ce pouvoir n'est réservé qu'à Dieu seul.
Quand on se met du côté des exclus, on devient soi-même un exclu.
C'est ainsi qu'un jour, on l'arrêtera un soir au Jardin des Oliviers, on lui
fera un injuste procès, et on le conduira hors de la ville pour le faire mourir
sur une croix comme le pire des malfaiteurs. Mais trois jours plus tard, il
ressuscitera. C'est en pensant à tout cela que St Luc lui confère des titres qui
ne peuvent être compris qu'à la lumière de toute la vie de Jésus. Il reconnaît
en lui le "Sauveur", le "Messie", le "Seigneur."
Jésus est l'envoyé de Dieu, celui qui apporte au monde la libération, libération
du péché, libération de tout esclavage, libération du désespoir, de la peur et
de la tristesse, libération de la mort. Il est celui qui vient réaliser ce
qu'avait annoncé le chant du Magnificat : "Il disperse les superbes, il renverse
les puissants de leur trône, il élève les humbles, il comble de biens les
affamés, il renvoie les riches les mains vides."
Nous savons quels chemins Jésus a empruntés pour réaliser cette mission : celui
de la souffrance et de l'agonie, celui de l'abaissement total et du don de soi
jusqu'à la mort. Cet abaissement du Fils de Dieu est déjà inscrit dans le récit
de la Nativité. Saint Luc nous montre cet enfant emmailloté et couché non dans
un berceau mais dans une crèche. Non seulement il s'est abaissé pour devenir un
homme, mais il est devenu un homme humilié, rejeté et mis à mort.
Voilà donc cette bonne nouvelle de Noël, la naissance du Sauveur. Et les
premiers à qui l'ont entendue, ce ne sont pas les spécialistes de la religion ni
les plus hauts dignitaires de l'époque. Non elle n'est annoncée qu'à des
bergers, des exclus qui vivent en marge de la société. C'est d'abord à eux que
le message de l'ange est annoncé parce tout l'évangile c'est la Bonne
nouvelle annoncée aux pauvres. Jésus lui-même s'est fait pauvre et petit
pour mieux rejoindre et mieux aimer les plus pauvres et les plus petits de la
terre. Oui, nous devons toujours nous émerveiller devant la crèche car elle nous
montre le visage d'un enfant qui nous révèle celui de Dieu
Cet enfant est devenu notre Sauveur. Nous sommes invités à l'aimer de tout notre
coeur autant qu'il nous aime, autant qu'il aime tous les enfants, tous les
adultes et toutes les personnes âgées de notre terre. Aimons-le assez pour
accueillir son message et en vivre. Avec lui, l'amour est plus fort que la
haine. Cette paix annoncée par les anges la nuit de Noël n'est pas une illusion
mais une promesse en train de se réaliser. Mais Ce Jésus que nous fêtons en ce
temps de Noël ne veut pas nous sauver sans nous. Il compte sur notre
participation active.
Voilà ce Noël que nous célébrons dans la joie. N'oublions pas de donner la
première place à celui qui est au cœur de cette fête. Ils sont trop nombreux
ceux qui vivent cette fête sans penser à lui. Et pourtant cette fête c'est
d'abord celle de l'amour invincible que nous porte le Seigneur de l'univers.
C'est cette joie de Noël et cette espérance que nous sommes invités à partager
et à rayonner auprès de tous ceux que nous croiserons sur notre route.
D'après diverses sources
|